Volontariat en Namibie:
mon expérience à N/a’an ku sê


Volontariat à "naankuse", écrit sur le mur en pierre avec le logo de la fondation

Mon premier volontariat internationale s’est déroulé en Namibie.
Pendant deux semaines j’ai rejoint la fondation N/a’an ku sê Wildlife sanctuary avec une idée bien précise en tête, être réellement sur le terrain et rencontrer l’équipe anti-braconnage.
Je ne le savais pas encore à l’époque mais cette expérience allait réveiller quelque chose en moi qui était enfoui depuis bien longtemps.

Une envie d’aventure, de voyage et surtout l’envie de ne plus être simplement spectatrice.

Pourquoi j’ai choisi N/a’an ku sê pour mon premier volontariat ?

Je cherchais un premier volontariat mais je n’avais pas d’idée de pays en particulier.
J’ai choisi celui-ci car ils ont une équipe anti-braconnage (APU pour Anti Poaching Unit) et je rêvais d’en rencontrer une !
C’est clairement cela qui m’a fait décider pour ce projet.

Comme c’était un premier voyage « solo » pour moi, je voulais partir avec un organisme. J’ai donc choisi Freepackers.

Il y avait ce côté rassurant pour un premier volontariat d’avoir un contact en cas de besoin et l’organisme était vraiment dans mes valeurs (entreprise certifiée BCorp, Travel4Impact).
Je partais seule, mais je savais que je rejoignais d’autres volontaires sur place et il faut avouer que ça rassurait mes proches aussi!

Bienvenue au cœur de la conservation en Namibie 🇳🇦

A N/a’an ku sê, il y a d’un côté le sanctuaire de faune sauvage, où sont accueillis différents animaux qui ont besoin de soins ou qui ne peuvent pas, pour diverses raisons, retourner vivre dans la nature.
De l’autre, il y a la réserve Zannier, un immense espace naturel protégé et surveillé par des rangers.

Le sanctuaire

Au sanctuaire les animaux sont nombreux et très différents: des plus petits animaux jusqu’au grands carnivores comme des lions, des guépards, des hyènes, ou des caracals.
L’objectif n’est pas de garder ces animaux en captivité, le sanctuaire est plutôt comme un refuge et lorsque cela est possible, la réintroduction dans la nature reste une priorité. Pour ceux qui ne pourrons malheureusement jamais retrouver la vie sauvage, les équipes cherchent à leur offrir des conditions de vies adaptées, avec des espaces conçus pour se rapprocher autant que possible de leur environnement naturel. Un seul enclos peut faire plusieurs hectares!

La réserve

À quelque pas du sanctuaire s’étend la réserve Zannier, environ 7500 hectares de territoire consacré à la conservation.
Il faut savoir que la réserve n’a pas toujours été destiné à la protection de la faune.
En 2016, ces terres étaient menacés par un projet de développement urbain. Marlice van Vuuren, cofondatrice de la fondation
N/a’an ku sê, et son mari, le Dr Rudie van Vuuren, se sont alors mobilisés pour préserver ces terres.
Aujourd’hui des animaux sauvages y vivent en liberté et leur présence fait l’objet d’un suivi. Les observations dans la réserve permettent de mieux comprendre leur environnement, leurs déplacements et leur comportement.
C’est notamment dans cette réserve que travaillent les rangers de la fondation.

À quoi ressemble vraiment une journée de volontariat ?

Une journée type ressemblait à ça:
(ℹ️ Ces informations sont susceptibles d’avoir changé)

  • 07h00 – 07h55 : Petit déjeuner
  • 07h55 – 08h00: Morning meeting
    Tout le monde se retrouvait au niveau de l’espace food prep pour découvrir les activités prévues pour la journée et répartir les groupes.
  • 08h10 – 13h00: Activité du matin
  • 13h00 – 14h25: Déjeuner et pause
  • 14h25 – 14h30: Afternoon meeting
    Retour à l’espace food prep pour le point de l’après-midi.
  • 14h35 – 17h30: Activité de l’après-midi
  • 18h00 – 19h00: Dîner
  • 20h00: Moment quiet down
    À partir de 20h, il fallait faire moins de bruits pour respecter les animaux.

Concernant les activités : Elles changeaient selon les jours et les besoins du sanctuaire : entretien et nettoyage des enclos, préparation de la nourriture, nourrissage des animaux, création d’enrichissement, sorties avec certains animaux ou encore activités de recherche.

Et le week-end alors ?

Le samedi matin c’est nourrissage des petits animaux du sanctuaires et l’après-midi il y a des activités de groupe (jeux). Le dimanche est libre, des sorties peuvent être organisées pour aller dans le centre à Windhoek.

liste des activités proposées par le camp

Les moments forts et anecdotes

Il y en a eu beaucoup mais je vais quand même aborder mon top 3.

  1. Évidemment, ma rencontre avec l’équipe anti-braconnage. Pouvoir patrouiller et échanger avec eux, passer une nuit dans la réserve, et même rencontrer et assister à un entrainement de l’équipe K9 (les chiens qui accompagnent les rangers dans leur mission).
  2. Il y avait eu un souci avec un lion au sanctuaire. La vétérinaire avait été appelé pour contrôler son état de santé et nous, volontaires, avions gentiment été contacté pour assister à cette opération. C’était fou et vraiment rarissime (tous les volontaires avaient été conviés ce jour-là) car ils n’interviennent vraiment qu’en cas de nécessité.
    D’ailleurs, une émission télé est désormais consacrée à son travail. Ça s’appelle « Vet in the wild« .
  3. Lorsque l’on fait sortir les jeunes babouins dans le bush, on a pour consigne de porter des pantalons long (et vous allez vite comprendre pourquoi).
    On marchait donc dans le bush en suivant le guide (toujours suivre le guide!). Soudain, il s’arrête net et crie « STOP« . Un serpent, juste devant nous, dans les hautes herbes.
    Je lui ai demandé comment il avait fait pour le voir… franchement, personne n’avait rien vu…
    Il m’a répondu « J’observe simplement les babouins, et eux l’avaient vu avant moi ».
    Difficile de distinguer l’espèce du serpent. Je crois surtout que le guide ne voulait pas nous effrayer pour qu’on continue la route car quand on lui a demandé s’il était dangereux, il a juste dit « Ah oui très dangereux… on peut mourir ».
    Bref, les babouins nous ont peut-être sauvé la vie ce jour-là.

À la rencontre de ceux qui protègent la faune

Derrière la protection de la faune, il y a une équipe de rangers qui est sur le terrain 24h/24 et 7jours/7.
Accompagnés de l’équipe K9, ils veillent sans relâche sur les animaux de la réserve et notamment sur les rhinocéros afin de lutter contre le braconnage.
J’ai eu la chance de les rencontrer, de voir leur passion et leur dévouement pour cette cause.
Ils savent qu’ils risquent leur vie tous les jours, mais ils sont extrêmement fiers de le faire.

Si vous êtes vraiment intéressés par cette activité, je vous invite à la réserver directement via la fondation N/a’an ku sê. Ils ont un programme spécifique qui s’appelle : Rhino Rangers.
L’organisme avec lequel je suis partie à l’époque, Freepackers, ne proposait pas directement ce programme.

NB : Sachez qu’afin de les protéger, eux et leurs proches, il ne faut jamais publier de photos en ligne où il est possible de distinguer leurs visages. Pour protéger la faune, il est également important de ne pas publier de photos des animaux avec la localisation GPS activée. C’est un sujet que j’aborderai plus en profondeur dans un prochain article.

Volontaire, oui, mais pas que pour les photos

Parlons de la partie moins glamour du volontariat.

Je vous arrête tout de suite: être volontaire ce n’est pas seulement observer les animaux et faire de jolies photos.
Il y a aussi des tâches bien moins reluisantes comme : nettoyer les enclos, préparer la nourriture, créer des enrichissements ou assurer la maintenance du site. Ces activités font partie intégrante du travail quotidien des soigneurs alors si vous n’êtes pas prêts à cela, ne vous engagez pas.
Ne vous arrêtez pas non plus aux belles images que vous pouvez voir.
On ne parle pas assez selon moi de l’odeur et du visuel de la nourriture des animaux qui peuvent perturber certaines personnes (exemple: carcasses d’animaux mortes).
Un autre exemple : Lors de la promenade des jeunes babouins, vous pouvez régulièrement vous retrouvez avec de l’urine ou des excréments sur vous. Ça fait partie du jeu, et il faut le savoir :).

Mon bilan après ces deux semaines

Ce qui m’a surprise

  • Le nettoyage des enclos.
    On entre parfois dans l’enclos avec les animaux, même certains grands carnivores (jamais seul, toujours avec un soigneur !). C’est malheureusement « possible » car ce sont des animaux habitués à l’homme : certains avaient été récupérés après que des gens avaient tenté de les domestiquer… Mais même dans ce contexte, ce n’est tout de même généralement pas une pratique courante dans les parcs en France par exemple, et je vous assure que la première fois qu’on vous annonce qu’on va entrer dans un enclos alors que l’animal est encore dedans, vous pensez à une blague.
  • Dès l’arrivée, on nous briefe sur les consignes de sécurité (et ça ne rigole pas !). C’est là qu’on prend vraiment conscience qu’on peut croiser des animaux très dangereux.
    La nuit, personne ne se déplace seul. Lampe torche et chaussures fermées obligatoires!
  • Ils ont une salle de sport, aménagé dans un hangar à avion! Vraiment trop cool.
  • Durant la période ou j’y suis allée (en Mai), il y avait beaucoup beaucoup de volontaires! Nous étions une quarantaine.

Ce qui m’a déçue

  • Ne pas avoir eu le temps de faire la partie recherche. C’est une activité qui m’intéressait énormément aussi mais deux semaines c’était (beaucoup) trop court.
  • Le comportement de certains volontaires. Il y en a qui essayaient de changer de groupe pour ne faire que les activités les plus « intéressantes ». Oui, nettoyer les cages ou faire de la maintenance, c’est moins fun que de sortir les babouins mais ça fait partie du métier et lorsque vous vous engagez en tant que volontaires, vous vous engagez à respecter les activités de la structure qui vous accueille.

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